Entre 2019 et 2024, leur nombre a augmenté de 10 %, pour atteindre 9,1 millions d’arrêts indemnisés. En 2025, les dépenses d’indemnités journalières s’élèvent à 17,9 milliards d’euros, en hausse de 7 milliards d’euros depuis 2016.
L’absentéisme est particulièrement important en France, qui figure au 5e rang des pays de l’OCDE, avec un taux d’absentéisme en entreprise d’environ 5 % et 21 jours d’absence par an en 2024.
Au-delà de son impact financier pour les employeurs, l’absentéisme peut entraîner une désorganisation au sein des entreprises : perte de productivité, remplacements, retards, réorganisation, report de charges ou encore impact sur la motivation des présents.
Si 60 % de la croissance des dépenses d’indemnités journalières associée au risque maladie s’explique par des facteurs structurels économiques et démographiques (accroissement de la population salariée…), 40% de la hausse ne s’explique pas.
L’évolution des dépenses d’indemnités journalières en France témoigne notamment d’une hausse du recours aux arrêts maladie, en particulier parmi les salariés âgés, les femmes et plus récemment les plus jeunes. En 2024, 12 % des indemnités journalières maladies versées ont bénéficié à des jeunes de moins de 30 ans, et 42 % à des personnes de plus de 50 ans.
Cette évolution pourrait notamment être le symptôme d’une hausse des troubles psychiques au sein de la population.
Face à cet enjeu, le Gouvernement met en œuvre une stratégie mobilisant l’ensemble des acteurs autour de trois axes complémentaires.
⇒ Le premier axe vise à renforcer la prévention, notamment en matière de santé au travail, de risques professionnels et de qualité de vie et des conditions de travail, afin de réduire les arrêts évitables.
La campagne d’accompagnement des entreprises à fort absentéisme est reconduite et enrichie. En complément, le Gouvernement souhaite inciter les entreprises avec un taux d’absentéisme atypique à s’engager dans une démarche d’amélioration et à s’appuyer pour cela sur les offres d’accompagnement mises à disposition.
⇒ Le deuxième axe consiste à mieux accompagner les assurés et favoriser le maintien dans l’emploi, grâce à un suivi médical régulier et à des dispositifs facilitant le retour à l’activité, afin de prévenir les situations de désinsertion professionnelle.
⇒ Le troisième axe repose sur le renforcement des contrôles et de la lutte contre les comportements abusifs, à travers la sécurisation des prescriptions, l’intensification des contrôles et le développement d’outils de régulation.
D’ici la fin de l’année 2026, un service simplifié sera proposé par l’Assurance maladie aux employeurs souhaitant signaler une situation d’arrêt de travail qu’ils jugeraient anormale.
Rappelons qu’auparavant, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 est venue renforcer les mécanismes de régulation au moyen de 3 mesures :
⇒ Dès le 1er septembre 2026, les prescriptions d’arrêt de travail seront limitées à un mois en cas de premier arrêt et deux mois en cas de prolongation, sauf exceptions.
⇒ Les motifs d’arrêts devront obligatoirement être renseignés par les prescripteurs. Ces derniers auront en outre la possibilité de saisir le service du contrôle médical de l’Assurance maladie pour avoir un avis sur les renouvellements d’arrêt dépassant une durée de 3 mois, leur donnant ainsi une possibilité d’être accompagnés ou conseillés sur des situations complexes.
⇒ Pour les sinistres professionnels survenant à compter de 2027, la durée de versement des indemnités journalières AT-MP sera également limitée à une durée maximale de 4 ans, à l’issue de laquelle les assurés pourront bénéficier le cas échéant d’une indemnisation au titre de l’incapacité permanente.
Afin d’assurer une mise en oeuvre de ces mesures dans les meilleurs délais, l’ensemble des textes d’application ont été rédigés et envoyés pour concertation aux caisses de sécurité sociale ainsi qu’au Conseil d’État. Leur entrée en vigueur interviendra donc très prochainement.