La Fédération nationale des ambulanciers privés suit avec la plus grande attention les travaux engagés par le Gouvernement à la suite de la restitution le 4 septembre 2025 du rapport de synthèse du « Beauvau de la sécurité civile ».
Un projet de loi, dont certaines grandes lignes commencent à être dévoilées, est en cours de préparation par le Gouvernement. Dans ce contexte, les différents acteurs de la sécurité civile commencent à échanger entre eux et avec le Gouvernement. Aussi, la séquence qui s’ouvre constitue une étape structurante pour l’organisation des soins et secours d’urgence lors de la prise en charge pré-hospitalière sur nos territoires.
Depuis plusieurs années, l’ensemble des acteurs font face à des tensions structurelles : augmentation continue des sollicitations, évolution des profils de patients, contraintes démographiques, complexité croissante des interfaces entre services. Ces éléments ont progressivement mis en évidence les limites d’un cadre organisationnel qui doit aujourd’hui évoluer.
Il ne s’agit pas de mettre en cause les acteurs, mais de reconnaître que l’architecture actuelle nécessite une adaptation afin de préserver la qualité de la réponse apportée aux patients.
Les orientations évoquées, notamment la territorialisation accrue de la gouvernance sous l’autorité du préfet et la formalisation de contrats territoriaux associant les différentes parties prenantes, peuvent constituer des leviers de clarification et de coordination.
Cette réflexion s’inscrit également dans un contexte d’évolution profonde des risques. Les services d’incendie et de secours sont de plus en plus mobilisés par les conséquences opérationnelles des transformations climatiques — intensification des événements naturels, saisonnalité des crises, pression accrue sur les capacités d’intervention. Ces évolutions renforcent la nécessité de repenser l’allocation des ressources et la répartition des missions afin de préserver la capacité des SDIS à répondre à leurs missions fondamentales, tout en garantissant la continuité et la qualité du secours à la personne. La recherche d’un juste équilibre dans le « dispatcher » des missions constitue, à cet égard, un enjeu central de la réforme.
S’agissant de l’interconnexion des dispositifs de traitement des appels d’urgence, la FNAP rappelle que toute évolution technique ou organisationnelle devra impérativement garantir la pleine souveraineté de la régulation médicale. Celle-ci demeure le fondement du pilotage sanitaire des réponses apportées aux patients et constitue un principe intangible de notre modèle.
La réforme en cours doit également intégrer un impératif central : le maintien d’un équilibre opérationnel et financier entre les différents acteurs mobilisés. La soutenabilité du système repose sur une articulation claire des compétences, une répartition cohérente des missions et un cadre économique permettant à chacun d’assumer durablement ses responsabilités.
Dans ce contexte, les ambulanciers privés jouent un rôle déterminant dans la chaîne de prise en soins. Leur intégration pleine et entière dans une gouvernance rénovée constitue un facteur de stabilité, d’efficacité et d’équité territoriale.
La phase actuelle ouvre une recomposition du modèle organisationnel. Celle-ci ne pourra réussir que dans un dialogue constant, exigeant et constructif avec l’ensemble des parties prenantes, dans le respect des équilibres institutionnels et des responsabilités de chacun.