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Paris le 17 mars 2020

Mr le ministre de la santé ,

Nous avons écouté avec attention les propos du président de la république, propos emprunts de logique et de bon sens devant cette crise.
Cependant, une question fondamentale se pose, pourquoi évincer les ambulanciers privés ? impliqués depuis le début dans la gestion de cette guerre…

Dès les premières heures de cette grave crise sanitaire, nos entreprises ont mis leurs équipes à la disposition des SAMU et des ARS, qui n’ont pas manqués de les intégrer dans les dispositifs initiaux de prise en charge des patients suspectés ou atteints du COVID-19.

Alors même que nous ne disposions plus des EPI (équipements de protection individuel) pour nos salariés, nous avons accepté, au nom de l’intérêt général, l’abaissement des normes de protection en utilisant des masques simples en lieux et place des FFP2 dont les stocks étaient réquisitionnés par les pouvoirs publics. 
Alors qu’à son tour notre activité quotidienne de transports sanitaires de patients s’arrête, que nous envisageons toutes les pistes pour continuer à employer nos salariés, l’ensemble des chefs d’entreprises reste perplexe devant l’enthousiasme de leurs salariés. Ils ne savent quoi leur répondre à l’annonce de leur président à vouloir faire effectuer les transferts par l’armée.

A l’image des taxis de la marne, avec votre soutien financier, nombre de sociétés, avec des ambulanciers professionnels, répondrons présent aux sollicitations du gouvernement. Que l’armée se charge de la logistique, du logement et du réapprovisionnement, le ministère du financement et de la gouvernance.

Il s’avère que nous vivons dans un pays victime d’une épidémie de COVID 19 mais aussi d’intolérance aux entreprises privées de transports sanitaires. Il nous reste à nous consoler en pensant à l’excellence de la puissance publique : l’hôpital, les services départementaux d’incendie et de secours, les associations de secouristes, l’armée, qui veillent sur nous pendant que le service public de l’emploi réfléchit à indemniser au mieux nos ambulanciers privés désœuvrés.
Ne nous retirez pas le rôle qui reste le nôtre et ne cassez pas l’engagement de 55 000 salariés d’une profession qui veut jouer son rôle.

Les ambulanciers étaient parés mais leur ministre ne les a pas entendus. Permettez à notre fédération de vous apporter des solutions fiables, pérennes et professionnelles, rodées à la prise en charge de transports, efficientes et rapides.

Nous ne sommes pas dans la résilience, mais dans l’attente d’actions. Ne nous laissez pas sombrer dans le chômage technique, mais utilisez notre technicité à la cause.

Merci pour ce moment, Monsieur le Ministre de la santé.

Le président de la FNAP
Philippe LAURIOT