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TRANSPORT SANITAIRE. LA SITUATION UBUESQUE DES AMBULANCIERS PRIVÉS

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Transport sanitaire. La situation ubuesque des ambulanciers privés

Ils se voient comme les grands oubliés de la crise sanitaire. Les 55 000 ambulanciers privés ont, paradoxalement, vu leur activité diminuer de 80 %. La Fédération nationale craint de nombreuses faillites.

Une partie de l'équipe des ambulances Alpha Saint-Anne basée dans la région Grand Est.
Une partie de l'équipe des ambulances Alpha Saint-Anne basée dans la région Grand Est. | DR.

On pourrait croire qu’ils sont débordés.  C’est tout le contraire  , lâche Serge Pelinski, ambulancier depuis 35 ans. Sa société, qui compte 17 salariés, se situe pourtant dans une zone très touchée par le coronavirus, entre Strasbourg et Metz. Mais, à l’image de l’activité nationale du secteur, son chiffre d’affaires a diminué de 80 %.

 

Pourquoi ?

L’annulation d’actes médicaux n’est pas compensée par le transport de malades atteints par le Covid-19. « Nous travaillons habituellement beaucoup sur rendez-vous : transport de personnes en radiothérapie, rendez-vous chez le kiné, opération chirurgicale… Tous ces rendez-vous sont annulés. Excepté pour les dialyses et certaines chimios » , explique l’ambulancier.

Au lieu de 90 départs par jour, son équipe tourne désormais autour de 20 transports.  Mon personnel est présent, mais je n’ai pas de travail pour eux  , se désole Serge Pelinski.

Quelles difficultés rencontrent-ils ?

Un manque de protection pour prendre en charge des patients suspectés du Covid-19. Le chef d’entreprise a tenté de renouveler son stock de combinaisons. En un mois, le prix chez son fournisseur a presque quadruplé.  Il est passé de 69 € le lot de 50 pièces à 116 € pour 25 pièces  , fulmine-t-il. Même constat pour le gel hydroalcoolique.  Cela s’ajoute à mes charges alors que le remboursement du transport, lui, est le même (forfait au kilomètre fixé par la Sécurité sociale : 2,19 € par kilomètre). Ce n’est pas à nous de rajouter de l’argent ! . Face au manque de protection, les ambulanciers sont plus réticents à prendre en charge ces patients.

Y a-t-il un problème de concurrence ?

Selon la Fédération nationale des ambulanciers privés, oui. Membre du conseil d’administration de la Fnap et gérant d’une société d’ambulances à Lisieux (Calvados), Dominic Vasset cite l’exemple de la Croix-Rouge dans le Calvados. Ou de malades acheminés jusqu’aux TGV sanitaires par la Protection civile.

Des transports effectués par des bénévoles et non des entreprises privées. Pour le Fnap, le problème va plus loin.  Les transports sanitaires sont juridiquement, statutairement, et réglementairement réservés aux transporteurs sanitaires agréés, l’ensemble garantissant la sécurité du patient. 

Quelles conséquences pour le secteur ?

 Ça va dévisser, prévient Philippe Lauriot le président de la Fédération nationale des ambulanciers privés, le secteur va connaître beaucoup de défaillances d’entreprises. Les petites seront les premières à morfler.  Le secteur compte 5 500 entreprises, la plupart familiales, avec une dizaine d’employés.