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LES AMBULANCIERS DES BOUCHES-DU-RHÔNE EN PREMIÈRE LIGNE CONTRE LE COVID-19

Les ambulanciers des Bouches-du-Rhône en première ligne contre le Covid-19

Chaque jour, les ambulanciers du département effectuent une centaine d’interventions pour des cas de Covid-19

Par Fabien Cassar

Les ambulanciers privés font également partie de la première ligne contre le COVID-19 
Les ambulanciers privés font également partie de la première ligne contre le COVID-19PHOTO AFP

Ils sont appelés par le 15 pour transporter les patients du Covid-19 à la Timone où dans un autre établissement qui peut accueillir des personnes en détresse respiratoires. Acteur essentiel du secteur médical, les ambulanciers privés sont l’une des solutions privilégiées par le centre 15, pour venir en aide aux Provençaux dans le besoin.

 

Cette relation entre la plate-forme d’urgence et les transports sanitaires ne s’est pas créée il y a quelques semaines. C’est le fruit d’une longue coopération, unique en France, qui a débuté il y a deux ans. "Faire notre métier en ce moment n’a rien avoir avec l’aspect financier, c’est un acte civique pour le bien de la société, je tiens à remercier tous les ambulanciers, qui sont actuellement, sur le terrain pour transporter les patients atteints du Covid-19 aux urgences", souligne Thierry Schifano le président de la fédération nationale des transports sanitaires (FNTS

En manque de masques et de blouses, le président de la FNTS a également tenu à remercier les sapeurs et marins-pompiers de Marseille pour leur soutien en matériel. "Sans eux, nous n’aurions pas pu effectuer nos missions".

Une relation privilégiée avec le centre 15

Aujourd’hui, des ambulanciers en charge des urgences préhospitalières interviennent auprès des patients. Un nombre tout de même conséquent, puisque cela représente plus de 300 interventions chaque jour dans les Bouches-du-Rhône. Dans chaque département, il existe une association pour prendre en charge les urgences hospitalières, cette association est mise à disposition du centre 15.

"En 2017, on a eu la possibilité de faire des expérimentations pour répondre aux urgences hospitalières. Tout en optimisant nos dépenses. Nous nous sommes donc associés au centre 15, aux sapeurs et marins pompiers de Marseille, à l’ARS et l’Assurance maladie, pour créer une collaboration unique et efficace", détaille Thierry Schifano.

Quand le 15 reçoit un appel, il a plusieurs solutions : soit il peut faire appel au conseil médical, soit à un médecin généraliste, soit à un ambulancier privé, soit au SMUR. Si les ambulanciers ne sont pas disponibles, le coordinateur ambulancier appelle les pompiers pour venir le remplacer. "C’est une organisation qui est assez unique. Tous les acteurs du territoire travaillent main dans la main pour mobiliser un transport le plus rapidement possible".

En temps de crise sanitaire, ce fonctionnement est une arme non-négligeable dans la guerre contre le Covid-19. "On a doublé le nombre de coordinateurs du centre 15, pour être plus efficace. Aujourd’hui, 450 ambulanciers sont sur le terrain".

Battre la crise sanitaire, avant le combat économique

En temps normal, un ambulancier met 45 minutes pour mener son patient à bon port avant d’en prendre un nouveau, aujourd’hui il faut près de deux heures trente pour réaliser un transport. "Nous avons mis en place une désinfection drastique de tous les véhicules après chaque mission afin de protéger nos ambulanciers. Cela prend du temps, mais on ne lésine pas sur les moyens de protection en ce moment", insiste-t-il. Chaque jour, ils prennent en charge plus de 100 cas de Covid-19 sur le département.

Mobilisés contre le Covid-19, les ambulanciers prennent également en charge aujourd’hui les cas de dialyse, chimiothérapie et radiothérapie. Tous les autres actes de soins étant annulés, le secteur a subi une chute de 70 % de son activité. De ce fait de nombreux ambulanciers se sont retrouvés au chômage partiel.

"Notre profession n’est pas florissante d’un point de vue économique. Au-delà de la situation d’avant crise qui était déjà difficile, nous avons maintenant une situation encore plus compliquée. Il va falloir y faire face, mais aujourd’hui, l’heure n’est pas à la revendication, mais au combat. On n’y pense pas, c’est la guerre".

Un combat qu’il va falloir gagner sur le terrain, mais l’armée des ambulanciers et prête à faire face à la pandémie.